La lecture passionnée de Frison-Roche m’a donné envie de découvrir Chamonix, capitale mondiale de l’alpinisme. J’y suis parti avec des amis à l’occasion du long week-end du 1er novembre, adjoignant aux miracles du calendrier un jour de congé.
Nous sommes partis en voiture d’île de France le soir d’Halloween, alors que des enfants déguisés se répandaient des les rues de mon village. Nous sommes arrivés dans le Airbnb que nous avions loué à Chamonix après sept heures de route quasiment intégralement en plein brouillard. Ce soir-là, la France entière semblait avoir été plongée dans le brouillard, et nous l’avons traversée sans rien y voir.
1er novembre
Au petit matin, après cinq heures de sommeil, je suis sorti prendre l’air alors que mes amis dormaient encore. De magnifiques montagnes enneigées s’offraient à moi. Notre appartement était juste en face du départ du téléphérique de l’Aiguille du Midi.
J’ai continué ma balade dans le centre-ville de Chamonix. Dès que j’ai aperçu le haut de l’Aiguille des Drus, j’ai continué jusqu’à avoir un point de vue assez impressionnant.
Cette montagne me fascine. Depuis que je l’ai découverte en lisant l’autobiographie de Walter Bonatti, je la connais et la reconnais, comme sur ce t-shirt de la marque Simond, que j’ai acheté en double pour pouvoir le porter le plus souvent. Oui, je trouve ce sommet très esthétique.
J’avais réservé des places dans le téléphérique de l’Aiguille du Midi pour 14 heures. Nous avons embarqué dans cette grande cabine pouvant accueillir une soixantaine de personnes pour un trajet en deux temps d’une vingtaine de minutes au total. Arrivé en haut, à 3800 mètres d'altitude, la vue est splendide.
Là-haut, on trouve des petites expositions sur la montagne et l'alpinisme. Il y a des terrasses où l'on peut s'asseoir, profiter du paysage ou faire une partie de cartes. Il est également possible de boire un coup ou de manger un bout, et d'acheter un souvenir.
Nous n'avons pas pu aller à l'étage supérieur, accessible uniquement par ascenseur, suite à une panne. Nous n'avons donc pas pu atteindre les 3842 mètres d'altitude.
J'étais déjà allé à l'Aiguille du Midi durant l'été 2022, mais je me souviens qu'on nous avait donné un ticket de retour dès notre arrivée en-haut. Cette fois-ci, nous avions quartier libre. C'est sûrement dû au fait que moins de gens étaient attendus en cette fin de saison.
Il faisait froid et le blanc alentour réchauffait efficacement les visages découverts. J'ai gardé une sensation de chaud sur mon visage pendant quelques jours, et ça m'a bien prouvé que l'on peut très facilement avoir la peau brûlée en altitude, a fortiori avec tant de neige réverbérante autour.
Une fois redescendus, nous avons passé une bonne soirée, contents d'avoir contemplé un si beau paysage qui incite à franchir les barrières de sécurité avec tout son équipement d'alpiniste et à se lancer à la conquête d'un sommet.
2 novembre
Nous avons profité de la matinée ensoleillée pour visiter tous ensemble le centre-ville de Chamonix. Nous avons fait un tour dans des magasins de sport pour voir de plus près du matériel d'alpinisme.
Nous avions rendez-vous à 13h30 à l'école d'escalade des Gaillands avec un guide de Chamonix. Nous étions 3 amis à grimper régulièrement en salle dans le 5, et un autre n'avait grimpé qu'une seule de sa vie. Après avoir fait quelques voies d'une seule longueur, aussi appelées couennes, le guide nous a proposé de faire notre première grande voie à relais multiples.
Pas encore très à l'aise, j'ai grimpé en second de cordée. Nous avons formé deux cordées de deux grimpeurs. Le guide nous a dit que nous embarquions pour du 4+, mais l'engagement supplémentaire en comparaison d'une pratique en salle se ressentait. Nous avons fait trois relais et sommes montés à un peu plus de 70 mètres.
Notre guide a voulu nous montrer que l'on pouvait toujours se débrouiller au cas où l'on perdait son matériel et m'a fait assurer mon premier de cordée au demi-cabestan. La technique est bonne jusqu'à ce que le nœud se coince et qu'il soit difficile de le décoincer… Le guide a atteint le sommet sans être jamais assuré et faisait des pauses cigarette une fois que les premiers de cordée étaient arrivés au relais.
J'ai aimé le côté pragmatique du guide, qui, je pense, a essayé de nous faire comprendre que l'on applique les règles pour de bonnes raisons et qu'il est parfois normal de s'engager un peu plus si on le sent. Quoi qu'il en soit, je prendrai d'autres cours pour savoir évoluer en grande voie dans des conditions normales, en gardant en tête d'autres techniques de secours.
Vue du bas, la voie que nous avons réalisée est impressionnante. J'ai essayé de la prendre en photo en tentant de me souvenir du tracé, mais je crois n'avoir capturé que la première partie.
Voilà le tout début de la voie, empruntée après nous par d'autres grimpeurs :
Le guide a accepté de nous garder plus longtemps que prévu pour nous faire terminer la voie, et nous sommes redescendus par de grandes échelles, nous accrochant avec des sangles aux barreaux, un peu comme si nous faisions une via ferrata. L'apprentissage de la descente en rappel sera pour une prochaine fois !
Cette première grande voie aura été un moment exceptionnel auquel nous ne nous attendions pas du tout. Le matin même, nous discutions de nos attentes quant à cette séance d'escalade en extérieur, et pensions que nous ne ferions notre premier relais que bien longtemps plus tard. C'était mal connaître les guides de Chamonix !
Mes yeux ont brillé quand le guide nous a dit que c'était Frison-Roche qui avait créé cette école d'escalade avec deux de ses amis, et que c'était lui même qui avait ouvert la voie que nous venions de faire. Dans La Grande Crevasse de Frison-Roche, Zian, guide de Chamonix, veut créer la première école d'escalade au monde. Il se heurte aux désaccords d'autres guides et accepte d'y renoncer non sans mal. Quand je lisais ces lignes, je ne savais pas que l'histoire était véridique, que Roger Frison-Roche s'était inspiré de sa propre histoire, ni que je foulerais ces mêmes rochers.
3 novembre
Située dans le massif du Mont-Blanc et longue de 7 kilomètres, la Mer de Glace est le plus grand glacier de France. Le grand public peut s'en approcher en prenant un train à crémaillère.
Après vingt minutes à bord du petit train rouge, on arrive à la gare du Montenvers. La vue sur les montagnes alentour et la Mer de Glace est formidable.
On peut prendre une télécabine qui amène normalement à la grotte de glace, fermée en cette fin de saison. Au demeurant, cela permet de s'approcher de la Mer de Glace et de l'observer de plus près.
Vue d'en-haut, la Mer de Glace semble toute grise. Les dimensions du glacier ont beaucoup réduit et à cette partie de l'année il n'y avait plus que de la glace dure à cet endroit. La glace dure est de couleur bleue et grise. En surface, ce sont des éboulis qui donnent la couleur vraiment grisâtre.
Une fois descendus par la télécabine, nous sommes arrivés dans une salle où un glaciologue donnait une conférence. Nous sommes restés une trentaine de minutes et l'avons écouté parler du glacier mais aussi de la pratique des sports de haute-montagne et de sécurité. Il expliquait les dangers présents dès le tout début du glacier comme les chutes de pierres.
Dans la salle de conférence, il y avait de magnifiques schémas montrant les voies les plus importantes des sommets accessibles depuis la Mer de Glace.
Nous avons pris une boisson chaude dans le service de restauration de la gare du Montenvers puis nous sommes redescendus à Chamonix en prenant le train en sens inverse.
Il était encore tôt, une fois arrivés à Chamonix, et nous avons pu nous balader dans la ville. Nous sommes tombés sur une boutique des éditions Guérin Paulsen, qui ont édité deux livres que j'ai récemment lus et dont j'ai parlé dans un autre billet de blog sur mes lectures de montagne. La boutique était fermée, et il en a été de même le lendemain. Je n'aurai donc pas pu dépenser toute mon épargne en livres rouges.
4 novembre
Avant de reprendre la route pour regagner l'île-de-France, nous avons profité d'une quatrième journée de beau temps pour faire une randonnée au départ du Parc Animalier de Merlet et face au massif du Mont-Blanc.
Le chemin était boisé. L'automne donnait une teinte ocre aux arbres et toute la montagne était lumineuse.
Nous avons atteint notre destination, une bergerie, et nous y avons dégusté les sandwichs achetés le matin-même dans une boulangerie chamoniarde.
Il était difficile de trouver meilleur spot pour déjeuner.
Conclusion
J'ai énormément aimé ce court séjour à Chamonix où nous avons tout de même réussi à caler un bon nombre d'activités. Cela a plus été un séjour touristique que purement sportif, mais j'ai pu voir toutes les choses que j'avais découvertes dans mes lectures et que je tenais à voir.
Entre-temps, je me suis inscrit à un stage d'alpinisme de l'UCPA pour juin 2025. Il se tiendra à Chamonix.
Alors, à très bientôt, Chamonix !